La poésie meuble ma vie, elle est dans mon regard sur les choses, les paysages, le monde et les êtres qui le peuplent, elle est ce degré de sensibilité qui me permet d'imaginer des personnages actifs jouant, riant, dansant, dans les nuages glissant au firmament, elle est dans la couleur dont j'imprime chacun de mes actes, elle est dans la symphonie musicale qui résonne autour de moi, elle EST, et sans elle je ne pourrais être ...
De là à me dire poète, c'est un pas que je ne peux franchir, de peur de perdre cet état naïf qui me fait voir ainsi la vie, je refuse tous les droits à vouloir régenter la chose, je préfère la laisser venir naturellement, spontanément, libre d'elle-même, de me susurrer ses désirs d'images, ses notes mélancoliques ou rieuses, et d'influencer ma vie comme si je n'y étais pour rien ...
J'ai la chance de pouvoir vivre loin des villes, au c½ur même d'une nature ayant repris ses droits après le départ de l'industrie charbonnière qui logeait mes aïeux dans un tout autre décor, celui de terrils, hier noirs de suie, aujourd'hui garnis de verdures aux essences diverses où s'ébattent rongeurs et prédateurs du petit genre, le renard étant le plus grand spécimen !
Je dois être la seule à arpenter encore ce qu'il y a peu étaient sentiers, les ronces envahissantes les ferment de plus en plus, marbrant mes jambes d'écorchures, mais nourrissant de leurs mûres la saison venue qui s'aventure ...
Ecrire un poème ? me suggère http://linnocent.over-blog.fr/ , je ne m'en sens pas capable, domestiquer les mots, les mettre en partition, semble au-dessus de mes forces, et pourtant j'aime lire les poètes qui savent aligner les mots dans un ordre établi tout en faisant jaillir l'émoi du rêve qui s'en émane ...
Laissons donc la nature agir à sa guise, la prose aussi, a ses lettres de noblesse ...