Il y a à Saint-Josse une Académie des Beaux-Arts qui ose en son accueil exposer cinq statues viriles dénudées ...
Celles-ci étant de plâtre faites, demandaient un ravalement de façade, elles furent donc confiées à la cellule « garage » dont c'est la tâche ...
C'est précisément en son sein que travaille notre bonhomme, mari de la concierge de l'Académie, bâtiment voisin d'une école communale, bonhomme qui ne pouvait plus supporter de voir ainsi cinq membres éhontés branler la vue des petits passants à l'imagination fertile ... Il amputa l'indécence en castrant les ½uvres de leur éminence ...
Où sont passées ces années folles qui nous faisaient raccourcir nos jupes, dénuder nos poitrines, enfiler des jeans si serrant pour le plaisir des yeux ? Que s'est-il passé sur si peu de temps pour que cette pudibonderie soit à nouveau de retour ?
Je me souviens d'un temps pas si lointain, où il était bon d'affirmer son corps autant que son esprit, c'étaient de bonnes années, où la vie fleurait l'espoir des couleurs qui illuminaient le décor d'une société en ouverture au bonheur ... Serait-ce la crise économique qui motive ces peurs revenues d'un passé à proscrire, qui nous feraient re-croire que tout allait mieux du temps des interdits ?
Je dis ATTENTION, à les laisser faire nous prenons un billet-aller vers les ténèbres qui empêchent l'éclat de la pensée, est-ce vraiment dans le noir que nous voulions vivre ?