Trois chats sont maîtres chez moi, qui me demandent à manger, qui me pressent d'ouvrir portes ou fenêtres, qu'ils rentrent ou qu'ils sortent ... qui aiment me voir assise pour se laisser cajoler, qui ne supportent pas la vue de cet énorme aspirateur, si bruyant que je promène en laisse, au-travers des pièces, asiles de leurs poils ...
Mes compagnons de journée, s'animent dès que sonne l'heure au réveil de nos nuits, pas question de traîner sous la couette, ils s'agitent et molestent nos corps de leurs pattes jusqu'à nos étirements évasifs matinaux, signe qu'enfin les portes vont s'ouvrir malgré le noir, sur la découverte de la naissance d'un jour, à nouveau .
C'est Philippe qui a cet honneur, lui, le premier levé entrelace ses pas à ceux des chats, qui sans risque de le faire tomber, le conduisent immanquablement vers la réalisation de leur désir !
Et je prends le relais, plus ferme, moins déterminée à assouvir leurs demandes, je reste maître du jeu, selon mes circonstances, je bouge, je remue l'air, j'asticote bibelots en tous genres ...bref le fais du bruit ! Ils ont horreur de ça, mes chats ! Soit, ils se terrent attendant que passe le tourbillon de ma fougue, soit, ils ressortent si le temps le permet ... Opportunistes sont-ils !
Mais là, assise devant l'ordinateur, c'est toujours cernée de mes chats que je vous écris, un moment privilégié où j'abonde en caresses, tantôt l'un, tantôt l'autre, ils se relayent sur mes genoux, sachant attendre leur tour, sans malice, sans hargne, ils savent que ce temps leur appartient .
Ils adorent aussi, quand vient le soir, que nos corps fatigués se reposent au fauteuil de nos soirées, que la télévision s'allume en sourdine de la vie sur les divertissements proposés, ils savent alors qu'ils peuvent se joindre à nous, que le bonheur est partagé dans cette chaleur animale-humaine dont nous ne pourrions nous passer ...