Mon grand-père, le père de mon père, est né le 16 juillet 1886, et je l'ai trop peu connu !
J'avais 12 ou 13 ans quand il est mort, et si je me souviens des promenades dans son jardin quand tous les dimanches nous allions en famille passer quelques heures aux racines de nos vies, je ne connais vraiment de lui que ce que mon père et ma tante Vanillia m'en ont dit ...
C'était un homme cultivé dans son époque sachant manier le mot dans l'écrit et aimant les spectacles, souvent il montait à la capitale pour s'étourdir un peu et apprendre à mieux penser la vie, qu'il aimait de cet amour vrai sans esbroufe qui lui fit préférer ma grand-mère Clémence sans le sou, aux bourgeoises qui auraient bien aimé de lui se faire aimer ...
Aimant les chevaux au point d'en faire son métier au fond des mines et d'adoucir par la caresse la lourdeur de leur vie passée dans le noir des entrailles de la terre ...
Cet homme au pantalon de velours bas porté, soutenu par une ceinture au cuir épuisé, me tenait volontiers sur ses genoux, et me faisait danser sur sa cuisse puissante le pied accroché au poêle crapaud qui chauffait l'atmosphère des après-midi fraîches des hivers d'antan .
Il était grand mon Alexandre et j'étais trop petite pour le savoir !
Pourtant, rien de cela n'est grave, il a vécu sa vie et j'ai la mienne à vivre . dans mes veines coule un peu de son sang, dans ma tête se trouve encore son image, et je me sens si forte, de son gène d'amour qui guide mon avenir et celui des miens qui sauront recevoir le message ...