Le grand Jacques qui nous a quitté le 9 octobre 1978, ce belge qui se revendiquait flamand, chantait ses états d'âme en français, vivait au pays de sa chance, rêvait d'humanité, pleurait la fatalité de ses amours perdus, rimait sur son plat pays, « arpégeait » son chagrin au pied du trop grand lit, ce belge qui criait son amour de la vie tout en décriant la face obscure des hommes, les bourgeois, les putains d'Amsterdam de Hambourg ou d'ailleurs, les flamingants, ces gens-là, les bigotes, qui puisait ses forces dans l'amitié de Jef, des désespérés, des paumés du petit matin, qui revisitait son enfance pour ne pas se perdre, il aimait la Fanette, les vieux, les bergers, les bonbons, Madeleine, Mathilde et les autres, les Toros autant que le caporal casse-pompon, il a fait valser sa vie puisqu'il ne supportait pas que les hommes s'ennuient, cet incompris, cet écorché vif, cet homme de la Mancha toujours en quête de l'éveil des hommes ...
Tu ne sauras jamais oh grand Jacques la place que tu occupes encore tout au long de mes jours, j'ai l'impression que tu avais tout ressenti avant moi, pour le chanter et que je t'entendes quand la vie a des bas, alors je laisse filer ta voix dans mon espace, je pleurs avec toi sur la désespérance, et la fenêtre s'ouvre sur le bonheur simple qui transpire de ton ½uvre .