Par claudeleloire
Je ne me sens pas vieille même si rides et langueurs s’installent à qui
mieux-mieux au temps qui s’allonge, raccourcissant mon temps qui fuit avec le temps …
Mes jours ont encore des allures de printemps au jardin de la vie, ma vitalité m’engage encore et toujours vers le sommet de la montagne dont Nietzsche disait qu’elle était à gravir …
Mes espoirs sont légions qui me conduisent vers tous les demains à venir que je voudrais beaux à souhait …
Et pourtant …
Tout comme lors de mes quinze ans, une crise s’installe qui a pour nom l’existentialisme …
-qui suis-je encore ? je sais qui je suis !
-que puis-je faire encore ? être le verbe être et me conjuguer au futur !
-ai-je encore une raison d’être qui ne se limite pas au simple vivre pour vivre ? la réponse appartient aux autres …
Force m’est de constater combien les valeurs ont changé entre mon adolescence et la vieillesse qui vient … il était bon alors de se libérer des carcans cultuels qui de nos jours reviennent nous emprisonner … nos mains se tendaient vers tous ces autres que nous apprenions à connaître, notre émancipation abolissait les frontières, les fleurs poussaient dans nos cheveux, nos corps se dévoilaient, la fumée nous enrobait de tabac, la bière légère nous grisait quelque peu, il faisait si bon vivre !
Qu’en est-il à ce jour ?
Au nom de la « juste» pensée, les frontières se ferment, les interdits pullulent, les rejets s’accumulent, et nous finissons par devenir l’étranger de nos voisins qui ont tant de maux à nous dire …et à nous faire subir …
Et vient le temps des regrets … suis-je donc devenue vieille ?
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