Par claudeleloire
Vieille de tes 101 ans, qui dans ton lit sommeille comme une enfant ignorant le mot, dont le regard s’attarde à vouloir reconnaître ceux et celles qui sur toi se penchent, te prodiguant caresses tout en tendresse, sais-tu encore, que ta famille nous sommes ?
Toi, maman qui si longtemps fut notre force d’amour pour affronter la vie, te voilà livrée à la solitude qui désormais est tienne et que nous ne pouvons combler que trop partiellement … faute de temps …
C’est que nous tes enfants avons fini par prendre de l’âge, nous occupant du mieux que nous pouvons de ces familles que nous avons fait naître, donnant ici et là ces gestes qui nous viennent de toi, et que le temps ma foi ne se ménage pas …
Vivre vieux pense t-on est un hommage aux prouesses de la vie, je ne sais s’il est bon qu’il en soit ainsi, et toi-même, ne peux plus nous le dire …
Alors je peine de te voir ainsi t’alanguir dans cette vie qui est tienne, fermée au monde qui est nôtre, bien sûr, je te dis tout de mes enfants, des leurs, de mes frères et sœurs et des leurs, mais le sais-tu, m’entends-tu, penses-tu encore ?
Tes yeux plongés dans les miens sont le seul lien qui désormais nous tient …
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