Par claudeleloire
Quand le printemps était froid et humide, maman avait manifesté son
désir de promenade au village, revoir sa rue, des rares gens peut-être qui vivraient encore et qu’elle aurait connu, sinon passer les saluer au cimetière en guise de souvenir, et vivre l’espace d’un instant un sursaut de mémoire …
Mais il faisait trop froid, trop humide pour l’exposer alors aux affres du temps-climat, j’avais donc promis que plus tard nous irions …
Et passait le temps du temps qui passe, et nous n’allions pas …
Mais hier, dans son temps suspendu à sa surdité, nous n’avions rien d’autre à faire qu’à nous balader … Elle s’est laissée habiller sans comprendre pourquoi si tôt le matin je la couvrais de ses atours, mais quand elle a vu la
direction prise des chemins de sa vie d’hier, elle a compris et s’est mise à chanter, s’interrompant d’exclamations vives et tonitruantes quand son passé remontait au fil des rues, saluant des gens qu’elle ne connaissait pas les gratifiant de larges sourires, tous se sentaient émus par sa jovialité, qui s’arrêtaient pour lui témoigner un espace de tendresse qu’elle n’entendait pas, mais qui l’inondait de bonheur …
Sa joie me gagnait, qui me faisait pousser sa voiturette dans un moment d’allégresse au retour du passé, son passé comme un présent offert à son devenir …
Vieux ou jeunes, nous avons tous besoin d’alimenter de moments gais nos souvenirs qui reviendront nos longues soirées d’hiver faire pétiller le feu de nos regards sur la vie qui s’écoule …
Thème Magazine © - Hébergé par Eklablog