Nous pensons, que les jeunes sont de plus en plus violents, qu'il y aurait une explosion de criminalité juvénile, que nos rues ne sont plus sûres, ni nos écoles, ni nos crèches, que même nos maisons ne nous mettent pas à l'abri d'attaques en tous genres supposées perpétrées par des jeunes de plus en plus jeunes qui auraient besoin de répression, d'enfermement ...
Qu'en est-il exactement ?
Le professeur en criminologie à l'ULB, Monsieur De Fraene, spécialisé dans le questionnement sur la déviance des mineurs, remet quelques pendules politiques et médiatiques à l'heure . « Le débat se polarise sur l'inquiétude et la fermeté », le problème est ressenti comme une menace, les réponses déjà balisées par le ministre de la justice De Clerck, principalement orientées vers la répression . « Une société qui enferme de plus en plus ses adolescents est une société qui va mal et donne peu de place à ceux qui ont pourtant besoin d'une attention particulière », dénonce le Conseil de la jeunesse de la Communauté française (CJEF) .
Les statistiques sont quasi inexistantes, aucun chiffre fiable n'en prouve le fait, seuls des constats policiers fragmentaires, des impressions personnelles ou des sentiments émis par certains professionnels de la justice des mineurs, une surexploitation des faits divers lus au-travers des médias nous convainquent du pire, alors que la seule analyse sur le long terme effectuée par l'Institut national de criminalistique et de criminologie, conclut à une relative stabilité de la délinquance des jeunes au-cours des 25 dernières années .
Méfions-nous donc de nos peurs, voyons avec objectivité la liberté de nos mouvements en rue, plus de jeunes sont prêts à nous aider qu'à nous agresser, n'avons-nous pas tous étés jeunes un jour, capables du meilleur et du pire, soutenus par une société qui nous offrait le droit de grandir ?