Par claudeleloire
Sur la route, bien des cailloux j’ai ramassé, pour d’autres, quelques uns j’ai dû laisser …
Le petit bois derrière chez moi, n’est autre qu’une bande de terre sauvage, une ancienne cour de charbonnage où les mineurs stockaient le bois des galeries à étançonner, cette parcelle de terrain sépare ma propriété du vaste terril, montagne de sueurs de mes aïeux et de leurs frères qui de leurs bras ont extrait les moindres escarbilles ayant fait la richesse de certains en mon pays, quand eux n’avaient pas toujours de quoi vivre …
Ce petit bois prend désormais des allures de fêtes à venir, des tas de
cailloux j’ai enlevé, pierres et briques, branches et troncs, tout ce qui pouvait entraver les jeux de scènes et de rôles où monstres et princesses, chevaliers et manants trouveront moyen de faire commerce à l’imaginaire de mes petits enfants …
C’est que la douceur de cet hiver me laissait à loisir le temps de jouir du dehors, et que j’en ai profité faisant de mon présent ce maillon d’une chaîne qui unit le passé laborieux de mes pairs au destin que je voudrais sans cailloux pour mes petits bouts …
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