Lamartine l'avait ainsi décrit : « Le souvenir, c'est l'atmosphère du c½ur où l'on garde présents ceux qu'on aime . »
Il y a cinq ans aujourd'hui, que tu es mort papa, tu allais avoir 90 ans, mais ton âge avait déjà dépassé ta capacité de vie ...
Cela faisait un an que ton état de grabataire se détériorait au fil des jours, après avoir perdu la force de porter ton corps, c'est tout le reste qui t'abandonnait, la vue, l'usage de la parole, les mouvements, l'ouïe seule, semblait parfois encore fonctionner, alors tes larmes humidifiaient tes yeux, et nous savions que tu étais avec nous l'espace de ce temps . Je trouvais cruel de t'imposer la vie alors que la mort était à l'½uvre en toi, t'infligeant sans que tu puisses le contester l'ordre de vivre à coup de réhydratations, d'antibiotiques ! Drôle de société qui se refuse de voir l'évidence de la vie dans son achèvement le plus normal, mourir de vieillesse ...
Dès le soulagement de ton départ, je t'ai revu debout papa fier de ta force, oubliant cette année éprouvante, dernière de ta vie . Ta mort a ranimé le souvenir de toutes ces choses que nous avions fait ensemble, depuis mon plus jeune âge où tu me laissais te coiffer de bigoudis, aux moments ardus de mon adolescence où les conflits entre nous deux étaient légions, à ceux-là , quand d'égal à égal, mon âge d'adulte ayant libéré ton rôle d'éducateur, nous avons retrouvé l'amour qui ne nous avait jamais abandonné, mais qui s'était mis en sourdine, tu ne sauras jamais papa, le bonheur qui m'habite en partie grâce à toi, j'ai toujours su te dire je t'aime, aujourd'hui encore je te le redis : tu es là avec moi, tu accompagnes mes pas ...