Faudrait-il impérativement octroyer du pardon à l'impardonnable ? Accepter soudainement de reconnaître des raisons à des choses , des attitudes, des actes commis, inacceptables hier et reconnus comme possibles aujourd'hui ...
Peut-on pardonner les crimes perpétrés sur les juifs, les esclaves noirs, les amérindiens, les ethnies minoritaires, qu'elles soient religieuses, politiques ou sociales ?
Avons-nous le droit même d'y songer, sans renier les victimes dans leur existence ?
Le fait y compris de chercher des raisons à l'inexcusable crée en mon for intérieur un tollé digne des pires bourrasques ...
Le pardon chez moi ne s'exprime que lorsque n'ayant pas compris une phrase, je demande à répéter, formule toute faite et polie, mais rien d'autre !
Nous sommes responsables de nos pensées et surtout de nos actes, nos pensées peuvent nous entraîner au-delà de nos possibilités sociales d'actions, et la raison du respect de l'autre nous interdit de franchir l'inacceptable ...
Inutile cependant d'entretenir des haines, elles ne pourraient que nous détruire et nuire à l'avenir, il nous est possible de reconnaître l'horreur, de tourner des pages sans pardonner, et décider de construire du neuf à partir de tous les tas de cendre, forts de nos capacités à ne pas oublier, fermant la porte aux esprits manipulateurs qui joueraient inlassablement de la corde sensible du pardon ...
L'éducation aux enfants ne permet pas non plus le pardon, tu commets des bêtises, mais je te pardonne ...comment l'enfant prendrait-il conscience de ses mauvais penchants, comment pourrait-il se corriger, si tout lui est pardonné ? Le parent n'est jamais dupe, il doit le clamer haut et fort et donner à l'enfant ses responsabilités de choix, c'est l'aimer que de lui faire comprendre que dans la vie il y a des options interdites eu égard au genre humain, dont le sens doit tendre vers la réalité de ce qu'il est capable du meilleur comme du pire !
Ne pas confondre pardon et tolérance ...