D'abord, monte le vent amenant nuages au ciel bleu,
Les brins d'herbe ont compris, qui malgré leur rousseur, dressent leur semblant de paille au souffle annonciateur, les oiseaux se taisent et vont de gîte en gîte chercher abris, les fleurs qui le peuvent referment leur corolle sur les insectes qu'elles hébergent, les fruits s'accrochent aux branches, les feuilles qui hier étaient ombrelles se mutent en parapluie, la terre attend ce cadeau du ciel ...
Les premières gouttes aux dimensions énormes s'écrasent bruyamment en noircissant de tâches éparses le sol fumant, la pluie est là, toute fraîche, revigorante, il est bon de se promener dessous, de lui offrir sa peau, cela ne dure qu'un temps, déjà s'affinant les gouttes s'amoncellent faisant rentrer les chats ...
La lumière n'est plus, le sombre se voile des nuées qui s'abattent en déferlant, gorgeant d'eau les sillons du jardin, les égouts avalent sans faillir, les gouttières débordent, les rues sont ruisselantes, et par la fenêtre je ne vois plus âme qui vive ...
Une voiture de temps à autre s'éclabousse aux fontaines naturelles qui naissent au chemin .
Toutes les odeurs florales se concentrent, et par la porte ouverte me viennent aux narines, en bouquet m'émouvoir ...
Plus aucune trace du ciel, le bleu s'est évanoui, la grisaille prend place, le tonnerre suit l'éclair, il est temps de fermer portes et fenêtres, et à l'intérieur, chercher de quoi faire ...