Par claudeleloire
Dos aux vacances, je fais face à la vie, à celle de tous les jours, et si elle est semblable à un carrousel, ses chevaux de bois ont fière allure, qui se jouent des angles autant que des virages tortueux du monde extérieur …
Est-ce à dire que je serais devenue insensible aux échos des mauvaises nouvelles qui ont alimenté durant ces deux mois, nos médias ? Bien sûr que non, mais je me suis prise à aimer la générosité du peuple européen qui s’est fait sourd aux peurs annoncées par tous nos dirigeants à l’en-contre du flux des émigrés, et qui d’une seule voix, par de nombreux gestes a soutenu cette arrivée massive de gens fuyant la terreur de la guerre . Rappelant au passage à nos illustres politiques que la solidarité est un fait bien réel !
Il aura fallu une photo, celle d’un bambin de trois ans, Aylan, rejeté par les flots seul sur cette plage qui aurait pu accueillir ses rires … Et tous nous avons compris que cet enfant c’est en quelque sorte le nôtre, c’est aussi notre enfance, qu’on assassine, plus que la masse des corps retrouvés sur les rives de Lampedusa cette image a su nous émouvoir afin qu’enfin nous comprenions le sort d’un peuple vivant la guerre …
Tu n’es pourtant pas le seul Aylan à être né pour mourir dans la guerre, tu n’auras connu que les affres de la vie, comme tant d’autres mais TOI, SEUL et MORT sur cette plage turque a ébranlé nos consciences, et tout s’est mis en marche … Ton nom est gravé dans ma mémoire comme une honte indélébile qui marque ma vie à tout jamais …
En te regardant en face, la mer, je pensais à tes flots porteurs d’espoir pour tous ces gens, femmes hommes enfants jeunes ou vieux qui ont tenté et tenteront encore de se laisser porter vers un avenir simplement possible …
Dos à la mer, Aylan c’est ton rire que j’entends par delà la mort, TA mort !
Thème Magazine © - Hébergé par Eklablog
