• MA MAMAN SE FATIGUE …

    Léclat de son regard est toujours aussi chaleureux quand dans mes yeux MA MAMAN SE FATIGUE …il se plonge, ses mots tellement chauds quand elle me remercie simplement de laimer, sa peau si douce lorsque je la caresse, ses cheveux si fins quand mes doigts sy mêlent  

    Je décèle pourtant sur son visage qui somnole les traces dune vie qui sépuise  

    Le 12 février sonneront ses 95 ans de vie bien remplie, ses mains qui ont cousu tant de tissus, qui ont tricoté tant de mailles, enfoncé tant de clous, caressé tant de têtes, frotté tant de souillures, tant œuvré à nos vies se lassent de ne plus pouvoir faire  

    Elle se chagrine dun destin si austère, qui loin de la vie des siens la maintient, elle voudrait retrouver le giron de sa mère, revoir son père, se glisser encore entre les bras de mon père, retrouver ses élans de jadis Dans mes petits enfants quelle prend pour les miens, elle se retrouve maman comme dantan  

    Elle aime les photos regarder, se sentant revivre lespace dun instant la joie de son vécu, qui nest plus que passé Elle le sait Et sa joie sévapore  

    Son présent ne l’importe plus, elle semble avoir trop vécu, son visage me le crie quand son regard se voile aux paupières baissées dans ses troublantes somnolences, elle me fait comprendre en douceur, que son demain désormais s’écrit au passé, qu’il me faut l’accepter …       

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  • Commentaires

    1
    Jeudi 26 Janvier 2012 à 09:36

    Ainsi va la vie, d'espoirs en souvenirs. Et lorsque les souvenirs ne sont plus,  renaissent de nouveaux espoirs.

    2
    claudeleloire Profil de claudeleloire
    Jeudi 26 Janvier 2012 à 16:39

    Nous ne sommes jamais que des maillons dans la chaîne ... et la vie continue  ... et vaut d'être vécue !

    toute à toi mon fils .

    3
    giulio 1
    Jeudi 26 Janvier 2012 à 17:29

    Oui, nous somms tous, comme toute chose, effets et causes tout à la fois dans une chaîne quasi infinie de causes et d'effets. Quant à savoir si elle vaut d'être vécue, la vie, je pense que ça dépend de chaque individu et, surtout, à un moment donné.

    L'eus-tu demandé à ma mère, femme courageuse et indomptable, durant les 60 1ères années de sa vie, elle t'eût répondu oui.  Le lui eus-tu demandé vers la fin (je ne l'ai pas fait), lasse de tout, ayant perdu grande part de ses moyens physiques, très seule, elle t'aurait peut-être répondu : à quoi bon ?

    Certes, une fois que tu l'as, la vie, tu t'accroches, tu essaies d'en faire le meilleur pour toi et pour les autres.  Mais, somme toute, ne pas être né, ça aurait gâché quoi. En quoi suis-je indispensable à l'humanité ?  Et même si je me plais à croire que je manquerais à ma meillleure moitié, cela ne fait que déplacer le problème... et si ni elle, ni moi n'étions nés, nous aurions manqué à qui ? À nos enfants ? Non, puisqu'ils ne seraient pas nés non plus, etc...

    Je pense honnêtement que la vie est absurde, mais qu'y étant plongés jusqu'au cou, autant faire avec, et pour le mieux ; jouir et faire jouir le plus possible ; souffrir le moins possible et combattre la souffrance autrui... en attendant la sortie.  Pose-t-on cette question aux fleurs qui chatoient parfument ? Non. Et où est la différence ? ... rose, elle a vécu ce que vivent les roses: L'espace d'un matin... ou de 100 ans, quelle différence ?

     

    4
    Jeudi 26 Janvier 2012 à 17:39

    La différence, Giulio, est notable. La plante ne pense pas. Elle se contente de vivre ou de survivre, et c'est ce qui en fait un être vivant. L'animal pense (quoi qu'on en dise) mais d'une manière différente de nous : il souffre, éprouve de la joie, a des sentiments. L'homme est capable d'une réflexion sur sa propre existence et est donc à un stade plus avancé de l'évolution. Ce qu'il a perdu en ressenti naturel, en force physique, l'homme l'a gagné en esprit, en intelligence et en capacité à se projeter dans l'avenir comme dans le passé. Le fait même que tu doutes du sens de la vie fait de toi un homme. 

    Si je n'existais pas, le monde ne serait pas différent aujourd'hui. Je n'ai pas encore d'enfant et mes parents ont eu mon frère avant moi. Ma compagne aurait trouvé quelqu'un d'autre et sa vie aurait été différence, en mieux ou en pire. Mais si on se projette dans le passé, un tas de mes ancêtres ayant décidé de ne pas exister, là, le monde aurait changé. Les artistes, les inventeurs, les décideurs, les hommes et les femmes qui ont façonné le monde d'aujourd'hui, jeté les bases de celui de demain, ont laissé leur marque dans l'Histoire. Et si on je projette dans l'avenir, qui sait quelles réalisations je pourrais offrir au monde ? J'ai déjà laissé ma patte à ma façon : récits, jeux de rôles... Les écrits restent, non ? Ceux qui ont joué aux jeux de ma plume ont pris du plaisir et leur vie a donc été, même brièvement, plus heureuse. Le bonheur, comme le malheur, est exponentiel. 

    5
    giulio 1
    Jeudi 26 Janvier 2012 à 18:03

    Ça me fait plaisir que tu le croies, Genseric, toi dont l'homonyme saccagea ma ville natale en 455, sans pourtant parvenir à ce que je ne naquisse point ! Et ça me fait plair que Claudeloire croie aussi que la vie vaille la peine d'être vécue. Aucun prosélytisme dans mes dires. Un peu de fatigue, d'écoeurement, d'impuissance, de déception, de mou, de blues, de spleen peut-être, et pourtant il ne pleut pas pour l'heure sur la ville. Alors je pense, donc je suis et je suis, donc je vis et il ne me reste quvous encourager dans votre sens, Claudelaure et toi, com dans la 2e partie de "Que la vie en vaut la peine d'Aragon : 


    Mais pourtant malgré tout malgré les temps farouches
    Le sac lourd à l'échine et le cœur dévasté
    Cet impossible choix d'être et d'avoir été
    Et la douleur qui laisse une ride à la bouche.

    Malgré la guerre et l'injustice et l'insomnie
    Où l'on porte rongeant votre cœur ce renard
    L'amertume et Dieu sait si je l'ai pour ma part
    Porté comme un enfant volé toute ma vie.

    Malgré la méchanceté des gens et les rires
    Quand on trébuche et les monstrueuses raisons
    Qu'on vous oppose pour vous faire une prison
    De ce qu'on aime et de ce qu'on croit un martyre.

    Malgré les jours maudits qui sont des puits sans fond
    Malgré ces nuits sans fin à regarder la haine
    Malgré les ennemis les compagnons de chaînes
    Mon Dieu mon Dieu qui ne savent pas ce qu'ils font.

    Malgré l'âge et lorsque, soudain le cœur vous flanche
    L'entourage prêt à tout croire à donner tort
    Indifférent à cette chose qui vous mord
    Simple histoire de prendre sur vous sa revanche.

    La cruauté générale et les saloperies
    Qu'on vous jette on ne sait trop qui faisant école
    Malgré ce qu'on a pensé souffert les idées folles
    Sans pouvoir soulager d'une injure ou d'un cri.

    Cet enfer Malgré tout cauchemars et blessures
    Les séparations les deuils les camouflets
    Et tout ce qu'on voulait pourtant ce qu'on voulait
    De toute sa croyance imbécile à l'azur.

    Malgré tout je vous dis que cette vie fut telle
    Qu'à qui voudra m'entendre à qui je parle ici
    N'ayant plus sur la lèvre un seul mot que merci
    Je dirai malgré tout que cette vie fut belle.

    6
    claudeleloire Profil de claudeleloire
    Jeudi 26 Janvier 2012 à 19:16

    comme j'aime votre dialogue à tous deux, c'est presque en tiers que je m'y glisse sachant l'un, pensant l'autre, nous savons tous les trois que le fleuve de la vie a ses crues et ses décrues mais que la barque monte et descend au gré des flots, nous faisant écoper quand elle prend l'eau, nous laissant gamberger au soleil brillant, et que l'essentiel du paysage qui défile ne peut être vu que parce que nous sommes ... Et nous sommes parce que nous voulons l'être ... un être responsable du cours de sa vie à laquelle nous accordons tel à un violon une melodie de beauté  .

    Fallait-il que nous fussions hommes pour d'un semblant d'enfer traverser en Eden la vie ...

    amitié .

    7
    etsivousosiez
    Jeudi 26 Janvier 2012 à 20:48

    Mon père a 90 ans il n'est plu scet homme fort et  incapble de rester en place, il est vieux, pourtant il va encore son bonhomme de chemin, mais parfois je sens que les jours sont longs et sans vraie saveur pour lui, et que des éclats d'heir viennent aveugler sa pensée... lamémoire  quelques fois s'oublie... alors il fait semblant d'être avec nous...faut-il vieillir autant? cela dépend des gens, mais à un moment tout bascule et l'être devient absent...Merci Marie Claude

    8
    C comme Corinne
    Jeudi 26 Janvier 2012 à 21:39

    Il est un temps où "rester" devient un poids, il est alors grand temps pour eux, malgré tout l'amour qu'ils nous portent de tirer leur réverence...

    Amitiés

    9
    claudeleloire Profil de claudeleloire
    Vendredi 27 Janvier 2012 à 16:37

    Mon père est mort trois mois avant d'atteindre ses 90 ans, il n'était plus qu'un corps allongé sur un lit que maman soignait avec force et amour, cela a duré toute une année, quand il est mort, je l'ai revu debout ... et tous les souvenirs me sont revenus ... Maman n'est pas malade, juste vieille, juste vidée, parfois elle s'accroche, parfois elle voudrait retrouver les siens, ceux qui sont partis, et je la comprends ... Je ne crois pas Etsivousosiez qu'il faille vieillir autant ...

    Je peux juste être là et l'aimer ...

    amitié .

    10
    claudeleloire Profil de claudeleloire
    Vendredi 27 Janvier 2012 à 16:46

    On devrait pouvoir C comme Corinne se dire on part ... mais cela ne se fait pas ...  

    Physiquement, maman ne souffre d'aucun mal, d'aucune maladie ... mais sa vieillesse lui pèse ... d'avoir été ce qu'elle n'est plus ... de n'avoir plus de projet, plus d'avenir ... que la mort qu'elle attend ...

    Je tente de lui donner des derniers beaux jours heureux ...

    amitié .

    11
    etsivousosiez
    Samedi 28 Janvier 2012 à 19:26

    J'ai peur de cela, si peur de cela... jusuqe quand s'accroche t on? Certainement jusqu'au moment où le choix n'est plus possible... Courage Marie Claude, il n'es pas simple de voir s'envieillir les nôtres, l'on croit souvent que de tout nous serons épargnés, que les choses n'arrivent qu'aux autres... ainsi va la vie, ainsi doit on l'accepter... l'accepter, en combattant ses douleurs... en combattant la douleur...


    Tendrement vôtre Johan

    12
    Jo
    Dimanche 29 Janvier 2012 à 00:18

    Quel beau texte tu nous as écrit là !

    Quel bel hommage !

    amitiés

    Jo

    13
    claudeleloire Profil de claudeleloire
    Dimanche 29 Janvier 2012 à 07:34

    Je n'ai pas peur Johan, et maman non plus, nous acceptons de vivre la mort y compris, la deviner nous permet d'incendier l'étincelle qui nous reste, nous y puissons de la force pour ensemble être encore, nos rôles s'inversent, je deviens l'adulte qui tendrement accompagne sa fragilité vers ses derniers pas, vers l'inconnu ... vers cet après où il n'y a rien selon moi, où elle croit que peut-être elle retrouvera les siens ... et je lui parle de la vie passée des siens, et elle me conte son désir de les revoir, je tends à lui faire partager encore des moments présents avec mes petits bouts, ce mardi nous serons tous ensemble, elle s'en réjouit déjà    ...

    Et c'est ainsi quen lui tenant la main elle et moi avancons sur le dernier sentier qu'elle emprunte ... Nous en avons conscience ... C'est inéluctable ... La seule chose que je voudrais lui épargner serait la souffrance physique de maux qu'à son âge on ne peut faire durer ...

    amitié .

    14
    claudeleloire Profil de claudeleloire
    Dimanche 29 Janvier 2012 à 07:35

    Merci Jo,

    amitié .

    15
    Dimanche 29 Janvier 2012 à 12:55

    Marie-Claude, Je ressens vivement ta grande émotion dans cette belle évocation d'un être aimé et chéri  que l'on voit  partir doucement au crépuscule d'une vie si bien remplie.


    Et toujours cette question douloureuse soulevée par l'imminence d'une fin prochaine qui enlève à no regards l'être que nous avons tant aimé et dont le souvenir brûlant s'effacera en nous, le jour où, à notre tour, nous quitterons ce monde ...
    Quel sens donner à tout ceci  ? Cela tient-il exclusivement au « présent » qui, comme un curseur sur sa règle, s'éloigne chaque jour qui passe, du moment d'origine, au départ de l'existence pour, se rapprocher, tout aussi progressivement, du moment de fin,  à l'arrivée ?...
    Et si  ce parcours n'était qu'une simple étape : naître pour mourir  et mourir pur naître à nouveau ...


    Une fois encore,  ceci, ne peut rentrer dans le seul éclairage d'une raison de tête mais aussi s'éclairer plus vivement de la raison du cœur .... « l'intelligence de l'Avenir » ...
    La vie n'est pas un hasard, l'existence n'est pas qu'un concours de circonstances, les aléas de la vie ne sont pas vains car on se construit avec, même dans ce qu' il y a de plus  dur  à supporter car ce qui nous semble parfois injuste, non mérité,  peut avoir son « explication » dans ce qui est notre être le plus profond, que notre conscience ordinaire de surface, n'est pas apte à appréhender avec les « outils » de la compréhension induite de matérialisme...
    Bon je vais verser dans le prosélytisme, je vois bien …


    Mais ayons alors ce courage de nos convictions intimes  qui dérangent les avis, les façons de voir ; les explications ne devant tenir qu'aux pensées dites rationnelles …
    La foi !...  Mais pourquoi n 'aurait-elle pas sa place et sa mission dans un monde où l'on a de moins en mois confiance dans l'avenir, dans les humains qui nous entourent et surtout dans ceux qui dirigent et quand, aussi, on a de moins en moins confiance en soi ?...
    Y aurait-il vraiment d'Amour sans Confiance ? Même quand celle ci est trahie,  l'Amour ne capitule pas et peut, dépassant, faire confiance à nouveau  puis, de là, découvrir d'autre « vérités »  à ce que nous trouvons d'emblée si injuste, si intolérable, si inacceptable, si piètre, si hasardeux et gratuit ...
    Une grande part de "mystère" est enfoui en chacun de nous, et la quête véritable consiste à explorer  ce « soi »  dont nous savons si peu.  Cette quête, il n 'y a aussi que soi-même pour l'entreprendre et la mener, non portée par l’égoïsme de se perfectionner mais dans le seul but de s'approcher de ce qui fait appartenir « l'homme-individu » à l'ensemble de l'Humanité qui grandit avec lui ... 

    Bien chaleureusement
    Amitiés
    Patrice Lucquiaud

    16
    Dimanche 29 Janvier 2012 à 17:36

     La force  d'une vie dans toute sa fragilité... 95 ans ... un bien beau parcours ... pourtant on aimerait que la route continue encore et toujours a aller de l'avant...

     

     

    17
    Dimanche 29 Janvier 2012 à 17:38

    95 ans un bien beau parcourset pourtant on aimerait que la route continue encore a aller de l'avant...

    18
    claudeleloire Profil de claudeleloire
    Mardi 31 Janvier 2012 à 18:08

    Mon cher Patrice ma vie en tous les cas a pris ce biais là de l'être qui est moi, qui constitue ma quête, et mesurant ma vie, celle de maman qui est tout comme moi, nous nous apercevons toutes les deux de la puissance de l'être qui s'apprend chaque jour, se découvrant des forces  ... sachant aux autres se donner ...sans compter, pour le bonheur d'aimer, nos vies sont restées simples, mais en profondeur nous pouvons aller loin, si loin que beaucoup se demandent comment nous faisons pour résister aux affres de la vie ... 

    C'est assurément comme tu le dis parce que maman et moi sommes de ces "hommes-individus" qui rêvont d'humanité ...

    Et qu'importe le moment que choisit la mort tant que nous vivons, nous aimons !

    merci pour ta chaleur Patrice

    Bien à toi .

    19
    claudeleloire Profil de claudeleloire
    Mardi 31 Janvier 2012 à 18:12

    La force de sa vie fut sa lumière,

    sa vieillesse son ombre ...

    Mais l'ombre n'existe que parce qu'il y a lumière ...

    Et ses yeux brillent encore dès qu'elle les ouvre !

    Merci d'ombre et lumière .

    amitié .

    20
    Vendredi 10 Février 2012 à 13:58

    très beau texte, très émouvant, retournant même.


    amitiés

    21
    claudeleloire Profil de claudeleloire
    Vendredi 10 Février 2012 à 14:05

    la regarder ... la toucher ... être là ... encore un temps ...le reste de son temps ... c'est cela qui me retourne et ma maman le sait ...

    Merci Louise 

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