• Duclame nous dit :

     
    Dimanche 2 décembre 2012

    Lutter contre l’impossible et vaincre [1]

    Toute décision dans l’hexagone est incontestable puisque la république, selon les oukases gaullistes qui définirent les fondements de la Vème, se résume au pouvoir du Président. Depuis, ce coup de force antidémocratique est ponctuellement tempéré par d’ennuyeuses manifestations corporatistes et syndicalement organisées qui ne créent de désagréments qu’aux autres citoyens mécontents.

    Cette manière de manifester sa désapprobation par secteur d’activité a engendré un délitement de la solidarité populaire à l’instar du sentiment familial qui se réduit de plus en plus à l’identification de l’individu au groupe de ses seuls géniteurs pour autant qu’il n’ait pas lui-même charge d’enfant auquel cas le sentiment bascule d’amont en aval. L’enfant, lui-même abruti par la société de consommation, assume les crises de sa croissance par le rejet de la société et de sa famille découvrant l’individuation de soi par son mal-être existentiel.

    Ainsi naissent et vivent les citoyens en France et ailleurs dans nos états autoproclamés démocratiques mais qui ne sont dans les faits que des agoras mercantiles où se chantent, sous forme de slogans publicitaires et d’arguments politiques, les louanges du bien-être matériel. Ce bien-être factice est basé sur le travail qui assure la croissance par la production de produits obsolescents afin de favoriser la frénésie des consommateurs. Travailler pour acheter c’est, dans la gente ophidienne et rampante, tendre le cou pour se mordre la queue. 

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    Les charmeurs de serpents que sont les élites de nos oligarchies capitalistes guident les reptiles devenus homo-sapiens mais dont Darwin n’avait pas pressenti qu’ils garderaient en leurs gênes l’obéissance aveugle des sauriens aux vibrations des pas cadencés.[2] Cet atavisme est nécessaire à la soumission consentante des peuples afin qu’ils puissent assumer leur dépendance matérielle et accepter la mise au pas de leurs enfants en âge de mourir aux combats que mènent les états entre eux afin d’alimenter les appétits de pouvoir de leurs dirigeants cupides.

    Les grandes nations forment des alliances qui fluctuent et s’orientent en fonction des ententes entre les élites dirigeantes des pays qui se retrouvent au sein des oligarchies dans des associations internationales qui prétendent protéger les marchés que l’on dit sources de nos liberté et garantie de paix que par ailleurs se maintient par l’absurde, c’est-à-dire en renforçant les moyens coercitifs des pouvoirs en place.

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    Lorsque la seconde guerre mondiale prit fin, les enfants des belligérants se retrouvèrent au sein d’une même Europe oubliant que pendant la guerre elle-même, les alliances aussi changèrent au fur et à mesure des intérêts et des stratégies de conquêtes ou de défenses des marchés par les états concernés. La Russie, alliée de l’Allemagne finit en ennemi de celle-ci et des patriotes de l’hexagone allèrent combattre en Espagne sous la bannière des communistes se tuant par ailleurs entre eux avant de combattre l’ennemi franquiste qui sera de toutes façons un des chefs d’états d’après guerre. Il faudra attendre le franc-parler d’Henry Kissinger pour comprendre que cet opportunisme a un sens diplomatique que l’on nomme « realpolitik », ce qui se traduit en français par « foutage de gueule ».

    Voilà donc nos sociétés modernes affaiblies par d’incessants conflits commerciaux nommés guerres mondiales autrefois et réorganisation bancaire aujourd’hui puisque l’intérêt économique des plus grandes industries est mondiale et que l’on ne se risque pas à mettre en péril les structures multinationales de leurs profits. La trésorerie de certaines sociétés commerciales dépasse maintenant celles des états.[3] Dès lors, il ne faut plus envisager que l’économie soit au service des citoyens tant que celle-ci sera aux mains de pouvoirs publics inféodés aux exigences des lobbies de sociétés commerciales qui contrôlent à l’aide des outils financiers l’ensemble des marchés internationaux.

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    La seule solution est d’imaginer une nouvelle économie sociale[4] et d’éduquer nos enfants dans un esprit de solidarité afin que renaisse au sein de la société civile une économie qui soit garante de progrès et de paix sociale.

    Pour y parvenir, il faut éradiquer les communautarismes culturels qui se définissent par leurs identités religieuses et que l’on a laissé se développer au sein de notre laïcité par crainte d’être accusé d’intolérance alors que ce sont ces communautés religieuses qui pratiquent ostensiblement l’intolérance. Il faut appliquer et étendre la loi de 1905[5] afin que chaque citoyen quel qu’il soit puisse jouir des mêmes droits au cœur d’une société en devenir plus équitable et plus juste. Il faut considérer la dette financière individuelle que nous remboursons en tant que contribuable de l’état comme une obligation citoyenne de participation en vue de financer les objectifs du futur et éponger les erreurs du passé. Néanmoins, il est nécessaire, à l’échelle la plus vaste et si possible européenne, de redéfinir le montant des charges en vue de financer le minimum vital de tout citoyen européen. Nous devons construire une société où il n’y aura plus de laissé pour compte et dans laquelle l’ensemble des citoyens pourra s’épanouir et entreprendre individuellement ou conjointement leurs projets au profit de tous et pour l’épanouissement de chacun.

    C'est parce que l'on fait croire que reprendre aux puissants ce qu'ils ont volé au peuple mettrait en péril les institutions que la société civile accepte ce qu'elle pense être une inéluctable différence sociale et vit dans l'obéissance entre son lieu de culte et le champ de bataille où il se retrouve sous les drapeaux lorsque faute de production le gouvernement lui donnera les armes nécessaires à la reconquête des richesses pour les nantis.

    Parfois, il défilera sagement encadré par des organisations qui coalisent sa colère sur ce parcours de quotidienne transhumance entre son foyer et son lieu de travail sans jamais mettre en péril l'identité dont on l'a affublé dès la naissance et qui a conditionné de préceptes extraits de livres sacrés et des codes de loi son cortex au fer rouge de son identité sociale.

    Il connaît également le danger que représente l’exercice du libre arbitre car il sait ce qui l’attend en échappant aux lois protégeant la propriété des riches et lorsqu’on désobéit aux règles établies par les gardiens autoproclamés de la parole divine. Fusillé, pour désertion s’il ne se bat pas sur ordre de ses chefs et excommunication et bannissement de la communauté voire plus, si codes de lois inspirés des mêmes traditions mystiques disent le droit afin de sanctionner le comportement de l’apostat considéré comme impie ou hérétique agneau égaré du troupeau populaire.

    Le peuple sait que ce ne sont pas les politiciens et chefs religieux qui meurent en martyres ou en héros mais c’est à eux qu’il doit se soumettre et obéir, préservant de cette manière le sentiment de protection collective de son clan et de sa famille au sein de la communauté et son espoir que les siens et lui-même peuvent prétendre accéder au paradis promis !

    Pour refaire ce monde il faut échapper au mimétisme social rassurant qui consiste à imiter nos parents à l’aide des biens, des règles et des moyens qu’ils nous transmettent. La notion de propriété étayée par celle de l’enrichissement personnel a vicié l’évolution de la société en allongeant la lignée générationnelle des contribuables soumis aux dettes que l’état contracte en notre nom pour le bénéfice de quelques uns. Comme dit l’artiste espagnol, Miguel Oscar Menassa : « la vie de mes parents a déjà été vécue ![6] » Il est donc inutile de la revivre d’autant plus qu’elle n’a rien apporté d’autre que cette soumission aux règles sociales qui ont permis à la société de réduire ses citoyens au statut de consommateur abrutis et ignorants pour perpétrer un vol du fruit de leur travail par des mécanismes financiers élaborés.

     
    Le choix est de donner une chance au germe de l’économie sociale de s’épanouir en tant que modèle de société ou d’attendre qu’une révolution sociale survienne après les conflits confessionnels destinés à retarder l’échéance d’une véritable confrontation révolutionnaire face à des structures coercitives que nos états auront mis en place sous prétexte de lutte contre le fanatisme.

    Quel que soit l’issue, il faudra lutter contre l’impossible et vaincre !

    Albert

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